Présentation générale
L’analyse des médias et celle des processus et dispositifs de médiation entretiennent, depuis leur émergence comme domaines de recherche propres aux Sciences de l’Information et de la Communication, des liens d’interdépendance dont ne témoigne pas seulement leur étymologie commune. D’une part, l’ensemble des médias (qu’ils soient ou non de masse) participent de fait à une forme de communication que l’on considère non seulement comme « médiatée » (vs interpersonnelle) mais également comme médiation : pour tout « lecteur », la consultation d’un média constitue une « mise au monde », c’est-à-dire une mise en rapport avec une communauté qui dépasse les individus tout en leur donnant une place, et donne forme à une expérience de l’appartenance politique. Les médias instituent cette relation entre la dimension individuelle et la dimension collective de la communication que l’on nomme médiation.
D’autre part et inversement, tout processus de médiation s’ancre dans un dispositif concrétisé par des formes médiatiques (textes, images, installations muséographiques ou scénographiques, etc.). Les recherches entreprises sur les médias dans le champ européen (basées à l’origine sur la linguistique sémiotique et l’herméneutique principalement) ont aujourd’hui rejoint les préoccupations de la tradition anglo-saxonne, fondée davantage sur la pragmatique, la sociologie sinon même l’économie (des institutions comme des pratiques), et ne considèrent plus que très rarement un objet médiatique en soi : on ne peut plus étudier un texte médiatique sans s’interroger sur l’ensemble du dispositif (technique, social, économique, politique, culturel, pragmatique) dans lequel et par lequel il prend sens, et en particulier sur les acteurs qui, à la production comme à la réception, le prennent en charge.
Les médias et la médiation apparaissent dès lors comme deux objets intrinsèquement transversaux et entretenant des relations d’interdépendance, que le Lemme se propose d’étudier comme tels. Le lemme est par conséquent un laboratoire interdisciplinaire.
L’analyse de l’ensemble du contexte médiatique requiert un éclairage pluridisciplinaire (historique, esthétique, politique, sociologique, économique, ethnographique, technique, sémiotique, etc.) que les Sciences de l’information et de la communication, en tant qu’interdiscipline, contribuent certes à construire, mais qu’il convient d’élargir dès lors que l’on souhaite prendre acte de la diversité des approches et pratiques de la médiation et réfléchir au rôle et aux fonctions de l’ensemble de ses processus d’un point de vue social et politique. Il existe en effet d’autres domaines de recherche qui travaillent à articuler des objets, des manifestations ou des pratiques de médiation à des questions sociétales ou politiques. L’interdisciplinarité dans laquelle s’inscrit le Lemme contribue tant à enrichir nos objets (les médias et la médiation) qu’à les cristalliser autour de problématiques communes.
Ces recherches sont centrées :
- sur les objets (œuvres, textes, images, dispositifs scéniques, numérique, etc.) ;
- sur les pratiques (journalistiques ou de médiation) ;
- sur le contexte et les conditions de production ;
- sur les processus (de médiation, de réception)
Le LEMME compte deux domaines de recherche principaux : les MÉDIAS et la MÉDIATION
